Éducation des réfugiés : l’avenir sacrifié de 5,8 millions d’enfants à travers le monde
L’accès à l’éducation des jeunes réfugiés progresse, mais la situation reste très contrastée. Selon les informations publiées par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), la part des étudiants réfugiés inscrits dans l’enseignement supérieur a atteint 11 % en 2025, contre 9 % l’année précédente. Une progression encourageante, qui ne doit toutefois pas faire oublier les difficultés rencontrées par des millions d’enfants dès les premières années de leur scolarité.

Le fossé du primaire et du secondaire : 5,8 millions d’enfants privés d’école
Si l’accès à l’université progresse lentement, la scolarisation dans le primaire et le secondaire reste un véritable défi. En 2025, 5,8 millions d’enfants réfugiés, soit 44 % d’entre eux, n’étaient pas scolarisés.
Sur le terrain, plusieurs obstacles compliquent l’accès à l’éducation :
- La précarité financière des familles, qui rend difficile le paiement des fournitures scolaires et des transports.
- Le manque d’établissements scolaires et de matériel dans certaines zones d’accueil.
- Les difficultés administratives et la barrière de la langue, qui peuvent empêcher les enfants de s’inscrire à l’école.
- La réduction des financements humanitaires, qui fragilise les programmes éducatifs destinés aux enfants réfugiés.
Reconstruire des vies grâce à l’école et à l’université
Dans ses travaux sur l’éducation des réfugiés, le HCR rappelle que l’école joue un rôle essentiel, bien au-delà des apprentissages. Elle offre aux enfants un cadre stable, un sentiment de sécurité et la possibilité de retrouver des repères après avoir fui la guerre ou leur pays d’origine.
Pour les jeunes adultes, l’accès à l’enseignement supérieur et à la formation professionnelle représente également une opportunité importante. Obtenir un diplôme ou acquérir de nouvelles compétences peut favoriser l’autonomie financière, faciliter l’accès à l’emploi et contribuer à une meilleure intégration dans le pays d’accueil.
L’éducation constitue ainsi un levier essentiel pour permettre aux jeunes réfugiés de construire leur avenir, de développer leurs compétences et de participer pleinement à la société.
Financements et partenariats : l’urgence d’un engagement durable
Pour permettre à davantage d’enfants réfugiés d’accéder à l’école, un engagement durable des gouvernements, des établissements scolaires et universitaires, ainsi que des bailleurs de fonds, reste indispensable. Des financements stables sont nécessaires pour soutenir les établissements, former les enseignants et garantir des conditions d’apprentissage adaptées.
Tant que des millions d’enfants resteront privés d’éducation, les progrès enregistrés dans l’enseignement supérieur ne pourront, à eux seuls, répondre à l’ampleur du défi. Derrière chaque chiffre, il y a un enfant dont l’avenir dépend aussi de la possibilité d’apprendre.
Garantir l’accès à l’éducation des enfants réfugiés, c’est leur donner les moyens de reconstruire leur vie et d’envisager un avenir meilleur.
